Pourquoi l'État met 50 millions d'euros sur la table pour replanter des haies

Pour protéger les populations d'insectes et d'oiseaux, en forte baisse dans les campagnes françaises, la France a décidé de planter des haies composées de milliers de kilomètres de bosquets et d'arbustes.

La mesure est passée inaperçue et pourtant, l'État français va financer la plantation de haies à hauteur de 50 millions d'euros, qui seront versés aux agriculteurs pour accomplir cette mission. Une initiative qui vise à protéger les populations d'insectes et d'oiseaux, en forte baisse dans les campagnes françaises. 

Il y a 50 ans, la campagne c'était un bocage, il y avait des haies partout qui séparaient les petites parcelles. Et puis les fermes se sont agrandies, on a remembré, d'immenses surfaces de culture sont apparues... et les deux tiers des haies ont été rasés. L'objectif est ici de les replanter. Pas toutes, mais le but est de recréer 7.000 kilomètres de haies en France. 

Car si elles étaient là, il y avait une raison. Elles retiennent l'eau grâce à leurs racines. Donc ça aide à remplir les nappes souterraines. Elles servent aussi à protéger les cultures du vent. pour éviter que le blé ne se couche. Et puis surtout elles abritent toutes sortes d'insectes, dont les abeilles, qui pollinisent les cultures. Et les insectes, ça nourrit les oiseaux. Enfin, les feuilles des arbres qui tombent enrichissent la terre lorsqu’elles se décomposent. C'est donc un engrais naturel. La haie est en fait le paradis de la biodiversité.

Une arme contre le réchauffement climatique

Elles ont aussi un autre avantage : elles luttent à leur niveau contre le réchauffement du climat. Les haies ce sont des arbres, donc du bois, qui en poussant captent du carbone,  c'est comptabilisé dans les bilans carbones des pays : on calcule ce qu'on émet et ce qu'on capte. Et c'est l'une des solutions pour la France pour essayer de tenir ses promesses pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 

Concernant les bénéficiaires du plan de relance pour planter des haies, il y aura aussi les fédérations de chasses, des associations de protection de la nature mais l'essentiel sera planté par les agriculteurs. Au nom des services rendus à la collectivité, ils sont déjà aidés pour ça, mais ça devrait s'intensifier dans le cadre de la future PAC en 2023, la politique agricole européenne : un quart des primes seront versés pour ce genre d'action, qui protège la nature. Et on voit déjà dans certaines cultures de céréales, des rangées d'arbres qui poussent. Donc on ne va pas retrouver les paysages d'il y a 50 ans, , mais la campagne devrait changer un peu de visage dans les années qui viennent.  

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