Le nectar est un suc sécrété généralement par les nectaires des plantes nectarifères ou mellifères

Fonction

Cette substance possède, par son goût ou son odeur, un pouvoir d'attraction sur les insectes, certains oiseaux ou certains mammifères qui y trouvent une source de nourriture.

Production

La sève élaborée qui circule dans un ensemble de vaisseaux appelés "phloème " et qui se forme dans les feuilles par photosynthèse devra être distribuée dans un circuit descendant à l’ensemble de la plante. 

                                                                                                                  

Recherche de nectar, riche en eau et en sucre ,surtout en saccharose s'accumulant au fond du tube floral (contenance du jabot d'une abeille mellifère: 50 à 70 µl de nectar)

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La production de nectar se fait essentiellement au niveau des nectaires floraux dits aussi intrafloraux. Ils  sont responsables de la production du nectar destiné à attirer les pollinisateurs. Parmi les organes floraux on retrouve les ovules, les étamines, le calice, la corolle ou le réceptacle . 

Les nectaires extrafloraux sont situés principalement sur les feuilles, et à l'occasion sur les tiges, les stipules, les inflorescences et les fruits..

Composition

La composition du nectar varie d'une fleur à l'autre sur la même plante, d'une plante à l'autre dans la même espèce, et d'une espèce à l'autre. Elle varie aussi selon le terrain où croissent les plantes, les circonstances météorologiques, les différentes heures de la journée ou le mode de pollinisation.

Ses principaux constituants sont :

Eau

Le contenu en eau du nectar est très variable en fonction du climat dans lequel se retrouve la plante, et même du microclimat créé dans la fleur. Cette eau peut provenir du  phloème et du xylème, ou encore seulement du phloème. L’eau contenue dans le nectar peut, au même titre que le sucre, être un attracteur pour les pollinisateurs en milieu sec.

Sucres

Rappel sur l’hydrolyse

L'hydrolyse est un phénomène chimique qui, en présence d'eau, décompose un élément en éléments plus simple. A température ambiante (20°C) cette réaction est lente mais plusieurs facteurs peuvent l'accélérer :
- La température : plus elle est élevée mieux c'est.
- Le pH : un pH acide (<6) est nécessaire.
- La concentration : il ne faut pas trop d'eau.
- La présence d'enzyme (l'enzyme dépend du produit à hydrolyser)

Dans une ruche c'est principalement l'hydrolyse du saccharose, contenu dans le nectar, qui a lieu.
- Pour le saccharose l'enzyme est l'invertase. Cet enzyme se trouve naturellement dans le jabot des abeilles.
- La température est celle de la ruche (35°C)
- La concentration est assurée par l'évaporation de l'eau du nectar grâce à la ventilation de la ruche.

Le résultat de l'hydrolyse du saccharose pur est un mélange à parts égales de glucose et de fructose, appelé sucre inverti.

La dégradation (ou hydrolyse) du saccharose lors de la digestion est réalisé par une enzyme  et l'addition d'une molécule d'eau. Cette réaction libère une molécule de glucose et une molécule de fructose.

C12H22O11 (saccharose) + H2O (eau) → C6H12O6 (glucose) + C6H12O6 (fructose) .

La transformation du nectar en miel

Une fois butiné, le nectar est transporté vers la ruche grâce au jabot des abeilles. Arrivées à la ruche, les abeilles butineuses le transmettent aux abeilles receveuses par trophallaxie, grâce à une enzyme présente dans leur salive, l'invertase, les abeilles transforment petit à petit le nectar en miel. Cette enzyme transforme le saccharose en glucose et fructose. 

Compléments biochimiques fournis par le CETAM (Centre d’Études Techniques Apicole de Moselle )

On distingue différents types de nectaires :

- Morphologiquement non différenciés

- Nectaires histoïdes : les plus fréquents.

- Nectaires floraux organoïdes, surtout chez les renonculacées

Les nectaires volumineux possèdent une vascularisation propre provenant majoritairement du phloème mais quelquefois également du phloème et du xylème voire même presque entièrement du xylème comme chez

Fritillaria imperialis L. Le nectar est alors très dilué et donc peu concentré en sucres (quelques %) alors que la concentration peut atteindre 50 % pour les nectars élaborés à partir du seul phloème.

La composition en sucres dépend de l’origine florale avec :

- Des nectars à saccharose prédominant ;

- Des nectars à taux égaux de saccharose, fructose et glucose ;

- Des nectars avec prédominance du glucose et du fructose. Dans ce dernier cas, c’est en principe le fructose qui prédomine avec un rapport Fructose/Glucose (F/G) pouvant aller de 2 à 28.

Les nectars contiennent également des acides organiques, des acides aminés, des amides, des polypeptides et des protéines, des enzymes,vitamines, sels minéraux et des composés aromatiques qui jouent un grand rôle dans la reconnaissance et les échanges alimentaires qui existent au sein de la colonie d’abeilles (marqueurs olfactifs). Ce sont également qui vont communiquer à chaque miel des caractéristiques sensorielles particulières et originales.

La composition des nectars (et donc des miels qui en découlent) est profondément différente de la plante. Par exemple, le nectar des menthes (Mentha spp.) ne contient pas de menthol alors que celui des tilleuls (Tilia spp.) en contient  toujours beaucoup.

Le nectar provient donc généralement de la sève élaborée présente dans le phloème dont la partie sucrée est issue de la photosynthèse. Il s’agit néanmoins d’une sécrétion produit à partir d’organes plus ou moins différenciés ce qui fait que la composition des nectars est différentes de celle des phloèmes.

Source :Octobre 2021

Paul SCHWEITZER, Directeur et chargé de recherches ,CETAM Lorraine

Laboratoire d’analyses et d’écologie apicole "

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