Une page est en train de se tourner, l’atmosphère est plus fraiche et la lumière hésite à percer ,comme engourdie, par un sommeil plus profond !

Le vent d’Ouest, plisse la surface du canal qui commence à s’habituer , docile et respectueux de son environnement, il se laisse bercer par cette main inconnue à la puissance cachée et insaisissable. C’est un nouveau départ, , d’ailleurs ses berges herbacées  acceptent sans opposer aucune résistance. La végétation semble danser au rythme des humeurs de ce souffle océanique.

Des cortèges de nuages cotonneux défilent avec nonchalance sans manifestation belliqueuse. Ils masquent par intermittence un timide soleil qui tarde à percer .

Les platanes imposants et robustes nous émerveillent par leur écorce mince  aux allures de tenue de camouflage teintée  de zones verts pâles et de brun clair .Les branches longues et feuillues ont toujours gardé leur couleur d’été , avec une faible tendance à l’amorce d’une future décoloration, leur habit vert résiste et ne laisse apparaitre aucun signe de fatigue.

Les feuilles commencent à joncher les berges ,un tapis naissant apparait au pied de chaque tronc et lentement se disperse .

De temps en temps un pigeon ramier, s’échappe discrètement .Il règne une atmosphère de détente où chaque intervenant joue sa partition sans fausse note, sans troubler les espaces ouverts. Le rouge gorge signale sa présence pour partager ses sons métalliques et se fondre dans cette ambiance.

Tout à coup, devant moi, j’entendis un grand ʺploufʺ,sur la rive opposée. Petit à petit, une tête émergea et je pus apercevoir la tête d’un chevreuil qui se dirigea vers moi. Je pensai qu’il avait du échapper à un prédateur, l’eau étant sa planche de salut. Maintenant .Il nagea la tête hors de l’eau, seules ses narines et ses yeux furent visibles. Il vint dans ma direction en longeant la rive, son regard  fixa la berge à la recherche d’un marche pied salvateur, pour se hisser hors de ce milieu  Il prit appui et d’un bond rapide et précis, s’enfuit pour disparaitre dans cette végétation qui lui tendait les bras. La nature l’avait doté de ressources de survie pour fuir un instant détestable converti en un espace plus ʺ serein ʺ.et adapté à son rythme de vie parmi les siens.

Les canards colvert effectuent  des vols de reconnaissances qui forment des arabesques sur un ciel nuageux. Un vol de démonstration aux figures non imposées, seul ,leur instinct les incite à suivre les courants porteurs et tellement changeant en altitude.

Le troglodyte mignon, roi des taillis , sautille de branches en branches, défiant les lois de la gravitation. Son chant puissant et mélodieux signale sa présence par une longue série de notes aiguës à cadence constante.

Les oiseaux règnent sur ce monde , surveillent chaque détail , avertissent leurs semblables. Ce sont les guetteurs qui défendent leur tour  d’ivoire .

Apprenez à les écouter, les entendre, chacun dans son registre transmet les informations utiles pour la communauté des airs. Ils ne mentent pas, leur survie en dépend.

Un indice d’alerte, leur absence n’est pas un bon signe ,elle traduit une zone inhospitalière pour la biodiversité !

Nous devons participer en toute humilité à protéger cet environnement si fragile. Il représente un trésor inaltérable  qui semble s’affranchir de tous nos écarts de conduite, nos observations et notre civisme doivent guider notre conscience. Les équilibres sont fragiles mais existent, la nature se relève toujours !

Peinture de Marie-Françoise illustrant un décor automnal 

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