Le coquelicot et les syrphes

Légers comme des plumes capricieuses qui ne cessent de caresser cette corolle de velours aux senteurs sauvages, les syrphes ceinturés plongent tour à tour au cœur de la fleur de coquelicot aux attraits incomparables, où se mêlent couleurs et senteurs sucrés , un mélange enivrant pour ces diptères à l’élégance insolente  et au déguisement de circonstance !


Le cyprès d’Italie et la palombe

Ma silhouette élancée attire le regard de la gent ailée, elle m’observe, me toise, m’examine, me découvre, m’ausculte, me sonde et m‘adopte ! Mes branches fines, douces et fragiles accueillent librement son arrivée dans un mouvement pendulaire, tel un trapèze oscillant autour de son point d’équilibre. C’est l’instant éphémère pour se glisser et traverser l’épais feuillage persistant aux écailles vert foncé, avec la nichée en toile de fond ! 

La rose

Mes fragiles pétales velouteux encore endormis par une nuit très fraiche, hésitent à se déployer comme les ailes du papillon enserrées dans sa chrysalide, il suffirait d’un petit rayon lumineux pour m’épanouir et savourer cet instant de liberté !

Iris d’eau du canal 

Les gouttes d’eau qui reposent sur leurs feuilles vertes, longues et ensiformes , attendent un léger souffle pour encenser mon passage ! Je suis la goutte d’eau , équilibriste insouciante, à la position de privilégiée , je repousse le moindre déplacement de ma feuille enchantée .Ma couleur nacrée, irisée par des rayons matinaux du soleil qui s’étirent sur la campagne encore endormie, illuminent cet instant bien éphémère de douceur et de calme .

Les avettes et le tournesol

Le capitule a préparé en secret  un appât à pollinisateurs .C’est un parterre fleuri , dont les fleurons plantés par des mains expertes sont alignés selon des courbes elliptiques entrecroisées .Les pétales jaunes ligulés qui bordent l’espace fleuri , créent une barrière végétale protectrice. Le décor est planté, les avettes ont repéré l’offrande, chacune des petites fleurs vont émettre le précieux liquide pour attirer les insectes .Ils se déplacent sur ce tapis aux odeurs sucrés, comme le limicole arpentant  la grève légèrement humide après le retrait nonchalant de l’onde marine.

Brouillard matinal

C’était une matinée automnale voilée par un brouillard épais et enveloppant, seuls quelques rayons tentaient de percer cet épais rideau.

De temps en temps, quelques fragments de lumière se déposaient sur un tapis d’herbe encore endormi qui hésitait à se montrer.

De fines gouttelettes d’eau scintillaient et apportaient un peu de vie à cette ambiance bien grise, même le soleil semblait se résigner !

Il fallut attendre plusieurs minutes pour voir se dissiper et s’effacer cette enveloppe faite de nombreuses gouttes d’eau prisonnières du temps.

Au fil des heures, la lumière s’intensifia, le décor nous offrit ses contours, à l’image d’une pièce de théâtre après les ʺ3 coups ".

Le ciel découvre son costume bleu azur et règne en maître sur cette nature en quête de lumière, les arbres s’illuminent, les feuilles jaune or des peupliers miroitent sous l’effet d’un léger vent d’Ouest.

Les moineaux reprennent leur langage d’échange,partition inaudible pour nous . L’émission vocale du rouge gorge nous révèle sa présence, sa nature peu farouche nous permet de l’observer, il saute de branche en branche, puis se pose au sol pour prélever sa pitance et repart dans un réflexe de survie !

Ballet automnal

Les arbres habillés de leur manteau vert, solidement ancré  a cédé sous la baguette magique et cruelle de l’automne. La verte parure a viré au jaune vert puis plus atténuée pour nous offrir une palette plus unie et plus fragile. Le vent à son tour, détache une à une chaque feuille qui s’envole, tournoie, plane et se pose sans bruit sur un tapis naissant. Les pâles rayons du soleil éclairent les quelques feuilles en sursis pour nous offrir un décor lumineux et apaisant.

Les branches dénudées  semblent résignées , même leurs ramifications traduisent un sentiment d’impuissance .

La dormance invite la vie à prendre un peu de repos et à rejoindre des quartiers moins agités où règne la douceur et la clémence .

Les oiseaux se dessinent bien sur ses nouveaux perchoirs façonnés par le temps où chaque contour est le témoin de ses accidents de la vie. Une page se tourne mais le livre conserve tous ses passages, la prochaine s’écrira avec le retour des cycles immuables des saisons aux accents bienfaiteurs d’une nature en quête d’espérance.

Dans cette ambiance reposante , chacun joue sa partition à son rythme, les notes semblent s’écrire en continu, les pauses sont éphémères mais l’improvisation est totale et sans retenue.

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