La chasse est au centre de nos préoccupations et son avenir très discuté .Les divers commentaires traduisent bien le fossé qui existe entre les chasseurs et non chasseurs. Au delà de toutes considérations politiques, la chasse a toujours existé et réuni toutes les tendances, un public qui aimait se retrouver, une convivialité de tous les instants, le civisme des locaux  !

Les récentes oppositions semblent émaner des représentants politiques, qui sont  en quête de clientélisme .En effet leurs argumentaires très incomplets traduisent les versants insécuritaires et dangereux de cette pratique.

Il faut replanter le décor. La ruralité a toujours nourri sa présence et au plus fort des controverses, il y avait toujours une légitimité à l’accepter dans notre quotidien !

Ancien chasseur, j’ ai grandi dans cette atmosphère familiale ou locale et adhéré aux règles en vigueur, quelles soient administratives, cynégétiques  ou sécuritaires.

Aujourd’hui, c’est une opposition quotidienne entre les chasseurs  et ses détracteurs.

Comment en est-on arrivé là ?

Je voudrais apporter quelques éléments de réflexion pour faciliter le contact et améliorer les perspectives de la chasse .

J'ai toujours appliqué les règles instituées dans le cadre d'une association validée par le préfet. A  savoir : limitation des jours de chasse, interdiction aux véhicules d'emprunter les zones chassées, limitation des pièces de gibier sauvage, non élevé, respect des zones habitées, courtoisie avec les riverains, application des règles de sécurité.

Aujourd'hui, les personnes s'invectivent au moindre dérapage, les mots ne sont plus à leur place, le verbe est haineux et les échanges de plus en plus violents et irrespectueux. Les médias mettent en scène et montent en épingle les affrontements.

La chasse est issue de la nature composée de cultures, de friches, des haies, des bois et des vignes.

A la question faut-il  limiter les jours de chasse je réponds OUI, mais ma réponse est subordonnée au préfet ,aux mairies, aux fédérations de chasse et A.C.C.A. (Association Communale de Chasse Agréée) qui doivent pouvoir et sereinement faire appliquer une nouvelle législation !

Constat sur un avenir hypothéqué !

La forte pression de l’immobilier sur notre commune a laminé notre patrimoine cynégétique et entraîné la disparition des souches de perdrix rouges, les gîtes de lièvre, les passages de cailles sauvages, la liste est longue...
La société ne cesse d'intervenir sur son terrain, mais au détriment de la qualité du gibier, car ce sont les lâchers qui repeuplent à fond perdu un territoire qui agonise.   

Des actions de repeuplement avec des animaux sauvages : Le furetage

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Après accord avec les autoroutes du Sud et la D.D.A.F (direction départementale d’agriculture et de la forêt), la société de chasse a organisé le 3 février, un furetage sur les accotements de l’autoroute A62 au niveau de St Jory.

La reprise des lapins de garenne était justifiée par les dégâts causés aux  infrastructures autoroutières. Nous avons introduit les furets dans les entrées et équipé les autres trous avec des bourses, sorte de filet en lin qui facilite la capture sans blesser le lapin.
Pour information, le furet, cousin domestique du putois, était traditionnellement utilisé pour la chasse au lapin dans les terriers.

Notre action a permis de déplacer une trentaine d’animaux vers notre territoire de chasse dans le but de le repeupler.

Tous les animaux prélevés étaient en excellente santé et ne présentaient aucune trace de maladie. Le poil luisant, l’œil vif et leur course par petits bonds en témoignaient !

Les chasseurs ont déposé " leur trésor de guerre " dans les ronciers et les taillis poussant sur notre territoire et savouré collégialement ce bref instant.
 
"Ouvrez, ouvrez la cage aux ……, " ……" Ouvrez-leur la porte vers la liberté " (Sur un air bien connu de la Cage aux oiseaux ,chanson écrite et interprétée par Pierre Perret en 1971 )
 
Dans ce monde sans concessions où les animaux sauvages s’affrontent et se défient , nous espérons que la nature acceptera ces nouveaux occupants et fera preuve d’un peu de mansuétude…

La sécurité et rappel sur les armes

Chasse au petit gibier :

Il est utilisé un fusil destiné principalement au tir de cartouches contenant plusieurs plombs (projectiles sphériques en plomb, acier ou autre métal) .Les plombs, petits, sphériques et sans mouvement de rotation sur eux-mêmes, sont balistiquement  censés tuer net le gibier, à 50 mètres, mais très peu efficaces au-delà d’une centaine de mètres

Chasse au gros gibier :

Le terme carabine  est réservé à toute arme longue à canon(s) rayé(s), destinée au tir de munitions à projectile unique. La portée est estimée entre 1500 et 2000 mètres

Les battues organisées sur le territoire de la commune présentent un danger pour les promeneurs mais pour les chasseurs aussi, les statistiques parlent d’elles-mêmes, (voir le rapport de l’office français de la biodiversité), cliquez ici

La présence de miradors est indispensable car elle offre les avantages suivants :

- Poste surélevé invisible pour le gibier .

- Tir fichant donc plus sécurisant, pas de ricochet.

- Indication de limite de la chasse au gros gibier

La présence des panneaux indique la chasse en cours  et l’avertissement de ne pas aller plus loin.

Quel avenir ?

Jusqu’aux années 70, la chasse était confortablement assise dans la ruralité. Les détracteurs étaient peu nombreux  même certains abandonnaient le combat pour se ranger au côté de la tradition cynégétique locale.

Après ces années là, la chasse a changé ses habitudes. A la place du gibier sauvage en constante régression, les sociétés de chasse ont voté de nouveaux budgets pour allouer les sommes vers le gibier d’élevage.

Un leurre, car les chasseurs pensaient chasser à l’ancienne, mais le résultat était négatif. Le gibier implanté ne défiait plus les chiens , les pièces tirées tombaient toujours plus nombreuses !

C’était encore une époque où il fallait prendre des mesures drastiques, limiter les jours de chasse, fermer la chasse aux espèces de gibiers en constante disparition, mais c’était commettre ʺ un crime de lèse-majesté".

Une autre réflexion, le gros gibier n’existait pas en plaine, les battues et les armes de gros calibre n’avaient pas encore fait leurs apparitions, les détracteurs étaient calmes !

La campagne était largement partagée par le public et aucune réflexion ne semblait troubler cette ambiance.

A la fin des années 80-90 et à partir des années 2000, la commune est devenue un village dortoir avec augmentation des pavillons individuels, la population a grandi et occupé de plus en plus d’espaces, la chasse n’avait plus que sa portion congrue.

Aujourd’hui la réalité affiche des sondages d’opposition à la chasse proche de 70 %.

Mon sentiment, les communes qui présenteront des critères de  * surface chassable admissible, ainsi qu'un * pourcentage chassable, seront soient réévaluées soient éligibles aux nouveaux plans de chasse.

Nous sommes en sursis. L’exemple de ma commune présentera des critères de non éligibilité. Je le regrette car la tradition était bien ancrée, mais l’évolution amène de nouvelles réflexions, soyons bien conscients, peut-on inverser la tendance ?

Vous pouvez m’envoyer vos observations et commentaires sur l’avenir de la chasse en cliquant ici

* Surface chassable = ʺSurface communaleʺ ʺ surface d’emprise des 150 m autour des habitations dans le territoire de la chasse communaleʺ ʺ   oppositions cynégétique et de conscienceʺ ʺ les domaniaux ʺ ʺ exclusionʺ  + ʺ inclusion ʺ

 

* Surface chassable / Surface communale = % ( critère de réévaluation pour la plaine ,doit être compris entre 50 et 60 %  )

Test de simulation : Acca Dieupentale surperficie = 140 ha ; superficie de la commune =  614 ha

Coefficient = 140/614 = 23 %

Rappel : espèces protégées : 

Les populations de rapaces autochtones ,faucons crécerelles ,buses, éperviers sont préservées par l’Arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection (JORF n°0282 du 5 décembre 2009)

Compléments administratifs :

Un domaine de chasse privée doit respecter les dates d'ouverture et les dates de fermeture fixées par arrêtés, accord qui est pris conjointement entre les représentants des chasseurs et le ministère de l'écologie.

- chasse non clôturée : respect des dates d’ouverture et de fermeture

- chasse clôturée : clôture d’une hauteur de 2 m ,le gibier ne peut ni rentrer ni sortir , la règlementation est plus stricte , se renseigner auprès de la fédération de chasse.

Le droit de chasse et le droit de propriété :

Le droit de chasse appartient au propriétaire du terrain. Cependant, le droit de propriété n'entraîne pas automatiquement le droit de chasser, car la loi sur la chasse prévoit qu'un règlement fixe la taille minimale des terrains de chasse : ces derniers doivent avoir une superficie minimale de 40 hectares et une largeur minimale de 300 mètres.

Tendances collégiales :

Aujourd’hui , en 2021, certaines mairies commencent à prendre des initiatives pour trouver des accords avec les fédérations de chasse.

Le but est de trouver des journées fixes sans chasse et permettre à la population de se promener sans crainte. Les chasseurs ont tout intérêt à faire évoluer leur réglementation et de s’adapter à ce nouveau partage de la nature

J'ai déjà cité la battue administrative, aujourd'hui les maires et les préfectures vont plus loin en mettant en application ces nouvelles règles de sécurité.

Réflexions sur la perdrix rouge !

Elevons notre culture cynégétique :

- protection de ces nouvelles souches en cours de développement.

- mise en place d’un plan de chasse pour aider ce mode de repeuplement.

- interdiction de la chasse pendant une certaine période.

- programmer des comptages de population au printemps.

Si vous le souhaitez, vous pouvez m’envoyer vos observations et commentaires ,cliquez  ici

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