Les espaces fleuris, sauvages ou cultivés, représentent un jardin d'Eden pour les pollinisateurs.Leur ballet gracieux est permanent , les images sont variées et traduisent cette effervescence au dessus des corolles entrouvertes ou en cours d'éclosion.

L'apparition de ces insectes et des angiospermes datent de 80 millions d'années.

Carrousel des insectes pollinisateurs

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En explorant les fleurs à la recherche de nectar, les insectes (entre autres les abeilles, les papillons, les bourdons, les mouches ou certains coléoptères) se frottent aux étamines, récoltant involontairement des grains de pollen qu’ils abandonneront par la suite dans une autre fleur

L’environnement

Depuis les années 1970 avec une accélération depuis la fin des années 1990, de nombreuses espèces d'abeilles sont en forte régression (ou ont localement disparu) en raison, semble-t-il, de la dégradation des habitats (urbanisation, imperméabilisation des sols, suppression des bocages) et du réchauffement climatique qui a un impact sur la phénologie des plantes hôtes et des fleurs pollinisées. Or, ces abeilles ont une importance majeure pour la pollinisation de nombreuses espèces de fruits, légumes et céréales. Les impacts de l'usage croissant des traitements chimiques sont également suspectés depuis la fin des années 1990 d'avoir un lien avec le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles. Ce lien a été confirmé par deux études faite en milieu naturel (« conditions réalistes »), publiées par la revue Science en mars 2012, confirmant des impacts négatif des néonicotinoïdes sur deux pollinisateurs essentiels, l'abeille domestique et le bourdon commun ;

Présents par diffusion dans le nectar et le pollen des fleurs de cultures industrielles telles que le maïs et le colza, ils affectent le système nerveux des insectes. Il ne s'agirait pas de la seule cause du syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles, mais il y participe et accélère la régression de ces pollinisateurs.

Une étude française conduite par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) avec le réseau des instituts des filières agricoles et végétales (ACTA), s’est basé sur le radiosuivi d’abeilles par micropuces (système RFID) identifiant 653 abeilles mellifères, et un comptage électronique des entrées/sorties de ruche.

Comme certains apiculteurs l'avaient pressenti ou observé, au moins l’un des néonicotinoïdes les plus utilisés perturbe l'orientation des abeilles ; le thiaméthoxame (matière active de produits commerciaux tels que le Cruiser, Flagship, Illium, Axoris). 10 % à 31 % des abeilles ayant ingéré cette molécule, même à de très faibles doses, se sont montrées incapables de rejoindre leur ruche. Or, la perte de repères est l’un des éléments du syndrome d'effondrement des colonies. Hors de la ruche, ces abeilles meurent trois fois plus que le taux normal.

L'essaimage est observé dans les ruches d’abeilles, quand une partie des abeilles quittent la ruche avec une reine pour former une nouvelle colonie.Il se produit généralement à la saison favorable, généralement au milieu du printemps ou au début de l'été, ce qui permet à la colonie-mère prise de « la fièvre d'essaimage » de se développer à nouveau et de construire la nouvelle ruche et donc un nouveau cycle.

La Génétique de l’abeille mellifère

Après son accouplement avec une reine, le faux-bourdon meurt et chacun de ses spermatozoïdes, stocké dans la spermathèque de la reine transmet 100% de son patrimoine génétique, alors que l’ovule produit par une reine ne transmet, après méiose, que 50% du patrimoine génétique de cette dernière. De plus, plusieurs mâles participent au « remplissage » de la spermathèque.

La méiose est un mécanisme de réduction du nombre de chromosomes qui se produit uniquement dans les ovaires de la reine. Lors de la formation de ses ovules les 32 paires passent à 16 paires

Pendant la reproduction, les 16 chromosomes de l’ovule et ceux du spermatozoïde se combinent pour former un ensemble complet de 32 chromosomes. C’est ce qu’on appelle un zygote.

Les abeilles femelles sont le résultat d’œufs fécondés. C’est le mélange des 16 chromosomes propres à l’abeille femelle et des 16 chromosomes apportés par le faux bourdon, qui aboutissent à la naissance d’une abeille ouvrière.

De l'œuf à l'abeille

  - le premier jour, l'œuf mesure environ 3 mm de longueur et 1,5 mm de diamètre. Il est blanc et n'a pas de coque dure.
  - le quatrième jour, une petite larve presque transparente sort de l'œuf. Elle ressemble à un ver. Elle est d'abord nourrie pendant trois jours avec de la gelée royale. Elle reçoit ensuite un mélange de miel et de pollen. Le pollen est une poussière très fine que les abeilles récoltent dans les fleurs, il sert à féconder certaines plantes.
  - le huitième jour, le nourrissage de la larve est terminé. Les ouvrières ferment le dessus de la cellule avec de la cire. La larve va se métamorphoser en un insecte adulte. Comme chez tous les insectes, la larve d'abeille, pour grossir, doit changer de peau, muer. Elle le fait cinq fois.
   - vingt et un jours après la ponte, l'ouvrière a terminé sa métamorphose. Elle découpe le couvercle de sa cellule et sort. Les reines naissent seize jours après la ponte et les mâles vingt-quatre jours après

Le travail des ouvrières

Elles sont les plus nombreuses et effectuent un travail différent suivant leur âge et donc en fonction de leur développement.Ce sont aussi des femelles stériles c'est-à-dire qu'elles ne peuvent pas se reproduire.

  - 24 heures après leur naissance elles sont nettoyeuses ,les alvéoles libérées par les larves doivent être très propres..

  - au 4° jour, elles deviennent nourrices des larves âgées.

  - au 6° jour, elles deviennent nourrices des larves jeunes alimentées avec de la gelée royale. La gelée royale est du pollen partiellement digéré par la salive.

  - du 10° au 18° jour, elles sont ventileuses : elles maintiennent la température de la ruche et font évaporer l'eau du pollen.Ou bien elles ferment les alvéoles, ou mettent le nectar et le pollen en réserve.Elles apprennent aussi à s'orienter.

  - du 18° au 20° jour, elles sont cirières

  - à 3 semaines, elles sont gardiennes : elles utilisent leur dard,situé à l'extrémité de l'abdomen  pour se défendre ou pour protéger leur trésor de "guerre".

Au même âge, elles sont rappeleuses : elles émettent des odeurs qui assurent l'orientation des ouvrières :.

  - de 3 semaines à leur mort (elles vivent 5 à 6 semaines au plus), elles sont butineuses: elles récoltent le pollen et le nectar. Le pollen est transporté dans une corbeille située sur la face externe des pattes. Les butineuses accumulent le nectar dans leur jabot où il commence à être transformé par la digestion pour donner du miel.En revenant à la ruche, une butineuse qui a découvert une source importante de nourriture,indique sa source aux autres abeilles en dansant.

La Reine : elle  vit de 2 à 3 ans et aura pour tâche unique la ponte. Elle pond environ 1 000 à 1 500 œufs par jour pendant la belle saison.Les œufs pondus dans de grandes alvéoles hexagonales donneront des mâles ou faux bourdons. Ceux qui sont dans les petites alvéoles (les plus nombreux) donneront naissance à des ouvrières. L'alvéole royale est en forme de gland et n'est utilisée que lorsque la reine est trop vieille afin d'assurer sa succession dans la ruche.

La ponte

Après s'être accouplée avec les mâles, la reine va mettre les œufs qu'elle aura pondus dans les alvéoles. Si les alvéoles font 5 mm de diamètre naîtront les femelles qui deviendront, selon la nourriture reçue :
- soit des ouvrières
- soit des reines, si elles sont nourries avec de la gelée royale.
Et dans les alvéoles de diamètre 9 mm naîtront les mâles faux bourdons

La technique de la division 

En règle générale, il est recommandé de réaliser la division des ruchers au printemps (plus particulièrement vers mars-avril). Cela peut varier légèrement d’une région à l’autre en fonction du climat, mais, en France, la période idéale reste autour de mars-avril.

Cependant, il ne faut pas non plus trop attendre  au risque que la ruche ait essaimé. Le moment idéal est celui de la miellée. Cela permet de réduire l’essaimage.

Une fois la période définie, la météo le jour de la division est également importante. En effet, privilégiez un jour de beau temps (la température doit être supérieure à 17°C).  Le moment idéal pour la division d’un essaim est en début d’après-midi afin que les butineuses ne soient plus dans la ruche. S’il y a un tout petit peu de vent c’est encore mieux.

Une fois la division faite, il est important de continuer à contrôler que la nouvelle colonie d’abeille se développe bien dans la ruche.  En effet, vous devez retourner à la ruche une semaine après, afin de vérifier que la présence de cellules royales (dans le cas où vous avez déplacé un cadre de couvain lors de la division des essaims). S’il n’y en a pas eu de ponte, vous devez remplacer certains des cadres par des cadres de la ruche souche contenant du couvain.

Si une semaine après, il n’y a toujours pas de cellules de reines, cela veut dire qu’il n’y a pas eu de ponte et donc que la division n’a pas fonctionné.  Il faut alors secouez les cadres afin que les essaims d’abeille partent du corps de la ruche et aillent vers une autre.  Une fois qu’il n’y a plus d’abeilles, emportez votre ruchette et les cadres.

Théorie

Matériel nécessaire:

     - 1 ruche 

     - 1 ruchette 

     - 1 grille à reine

     - 1 couvre cadres découpé aux dimensions intérieures de la ruchette

     - 1 nourrisseur

     - Dans une ruche forte, prélever 2 à 3 cadres de couvain sans les abeilles et les placer dans une ruchette 5 cadres en respectant les positions suivantes :

     - placer votre grille à reine sur votre ruche

     - déposer la ruchette sur le couvre cadre prédécoupé  en suivant les différentes étapes

     - le lendemain matin (vers 9 h ) enlever la ruchette et la déplacer de 3 Kms

     - au bout d'une semaine contrôler la ruche et la ruchette pour savoir où se trouve la reine (contrôle de la ponte), si vous trouvez des œufs ou des jeunes larves dans la ruche c'est que la reine est présente, ne faites rien. Si par contre la reine est dans la ruchette il faudra penser à la transvaser dans une ruche.

Il faut attendre 13 à 16 jours pour que la jeune reine naisse + 10 jours pour qu'elle atteigne sa maturité sexuelle et il lui restera 10 jours pour se faire féconder, il faut donc attendre au moins 36 jours avant que la nouvelle reine se mette à pondre.

Il faut faire la division d'une ruche en période de miellés, on peut commencer autour du 15 avril, un bon repère naturel est la floraison des lilas, des pissenlits ou du colza , la présence de mâles faux bourdons est indispensable pour féconder la reine, il est recommandé de ne pas dépasser début août pour assurer une bonne population d'abeilles pour l'hivernage.

Sachant que la reine dépose les œufs droits dans la cellule et qu'au troisième jour, l'œuf est couché au fond de la cellule, on peut évaluer l'âge d'un œuf d'après sa position. (Ce genre de détail peut aider à dater des événements, comme des problèmes de ponte.)

Précautions :

L’enlèvement de la ruchette est très délicat, il faut observer les points suivants :

      1 – Préparer le couvre cadres de la ruche pour le déposer après enlèvement de la ruchette

      2 – Vérifier la position de la grille d’entrée (compatibilité et fermeture optimale )

      3 – Vérifier que les crochets de fermeture de l’ensemble soient bien plaqués pour ne pas gêner la dépose de la ruchette sur son fond verrouillable.

      4 – Etapes de transfert :

           - positionner le plateau de la ruchette et vérifier très rapidement son étanchéité (aucune sortie  ne doit se faire )

           - enlever la grille à reine  

           - poser le couvre cadres sur la ruche puis le toit.

      5 – Transférer la ruchette vers son nouveau lieu .

      6 – Démarrer le nourrissement

Mes divisions 2018 - 2020

J'expérimente avec succès cette méthode depuis quelques années , les abeilles me paraissent très douces et le cheptel est correctement maintenu malgré les pertes qui sont dans la moyenne nationale, j'encourage fortement cette méthode de travail qui doit repousser l'importation massive d'abeilles non-endémiques.

La reine a commencé de pondre, les abeilles récoltent du pollen gris jaune (châtaignier), rouge (pâquerette) et jaune (troène), la planche d'envol est très dense , même les mâles faux bourdons se déplacent à l'entrée, leurs allées et venues sont comptées !la nouvelle colonie est calme, ma présence est acceptée, mais ce sont elles qui décident !

Début juillet,les cadres de couvain présentent une forte densité de cellules operculées , les rentrées massives de pollen traduisaient bien la forte ponte de la reine.Le transvasement vers une ruche est imminent et ne doit pas trop tarder.

Il faut déposer la ruche à l’emplacement de la ruchette, transférer délicatement les cadres chargés d’abeilles et préparer l’entrée de la ruche.

Les abeilles battent naturellement le rappel en excitant les glandes de Nasonov pour identifier la position de la ruche, je ne perçois aucune agressivité, les emplacements sont respectés , la colonie peut occuper ses nouveaux appartements !

Attention, pas de prises de risques,  bien respecter les fondamentaux, pas de bruits, pas de gestes déplacés, ils seront lents et précis, enfumer modérément, tenue blanche exigée, mes petites filles admiratives prennent des photos.

Le volume occupé par les abeilles est doublé, il faut impérativement masquer une partie des entrées sur la réglette de réduction, afin de faciliter et augmenter la surveillance des gardiennes, le papillon de la fausse teigne rode !

Pour une meilleure ventilation, prévoir d'enlever le masque dans  2 semaines.Actuellement les abeilles contrôlent la totalité de l'entrée.

Quelques parasites et prédateurs  :

L’abeille est également victime du varroa, acarien parasite qui se fixe sur le couvain ou les abeilles adultes selon un cycle annuel.La fausse teigne ,papillon de nuit qui s’infiltre dans les ruches affaiblies pour pondre. Ses larves tissent une véritable toile d'araignée qui emprisonne tous les occupants de la ruche.

Le frelon asiatique ,espèce invasive introduite en 2004  et qui a colonisé la totalité du territoire pour s’installer d’une façon définitive.Les pièges en circulation ne capturent pas sélectivement cet hyménoptère mais détruisent l'entomofaune, ils sont à déconseiller.La seule opération de régulation consiste à le "traquer" ,dans des périodes où les fondatrices circulent à la fin de l'automne et au début du printemps, mais la technique est très spéciale. En effet le concept s'éloigne de la harpe électrique pour se rapprocher de la biologie de l'insecte !

Constat ,quel avenir !

En observant la nature, je découvre le recul des habitats naturels et la raréfaction de la flore, une prédation invasive plus redoutable, des interventions humaines avec l'intensification des pratiques agricoles, le remembrement et ses conséquences, c’est une liste bien sombre pour les insectes pollinisateurs.

Les résultats tendent à démontrer que les abeilles mellifères rencontrent un trou d’air dans leur quête de nourriture. Les floraisons des mois de mai, juin, juillet, août offrent des quantités limitées de nectar et pollen entrainant un  appauvrissement  en sucres et protéines pour le couvain. Les populations régressent et leur survie n’est plus assurée.

Comme un air de fête !

C’est une observation remplie de vie,une ode à la nature,une représentation théâtrale entre un cognassier du Japon en fleurs et les abeilles  

L’hiver a endormi toute la vie végétative, les bourgeons des fleurs sont encore engourdis. Les essaims d’abeilles ont déployé toute leur science et leur solidarité pour contourner cette épreuve de froideur et de tarissement des réserves . Au-delà de leur adaptation aux conditions hivernales, les pesticides jouent un rôle destructeur en ne s’inscrivant pas dans une logique de bien être et de survie. Les fleurs champêtres sont harcelées, on ne tolère plus leur présence, le fauchage et les défoliants mènent un concert où seule la sonate pour piano n°2 de Frédéric Chopin peut prendre place !

Et pourtant, le ballet discret de nos avettes doit nous émerveiller. La fleur du cognassier  ouvre sa corolle en lançant ses salves de parfum aux senteurs sauvages. Les abeilles aux yeux à facettes et à triple foyers découvrent un paradis de lumière afin d’unir dans un même élan, récolte et fécondation.

Leurs pattes fragiles et légères caressent et glissent sur ce tapis floral nouvellement brodé et scintillant de mille éclats .

C’est un ballet aérien rythmé par les offrandes cadencées du précieux liquide aux saveurs sucrées au goût  du terroir. Les insectes se croisent en vol sans jamais se heurter, on a même l’impression d’assister  a un cours d’élégance, de courtoisie et de savoir vivre. Certains font une étape sur ces têtes couronnées et dans un geste précis, peignent et déposent dans leur corbeille la précieuse semence. Leur envol est délicat car les pelotes arrimées à leurs pattes ressemblent à des valises de lest, précieux fardeau nourricier, qui  sera remis à d’autres abeilles pour l’entreposer à des endroits bien précis et proche de la nurserie.

De temps en temps, des phénomènes étranges apparaissent, l’attraction physique est si intense sur la scène florale que nous pourrions l’appeler "le coup de foudre". Quel spectacle de voir tous ces pollinisateurs, virevolter en opposition ou en attraction au gré des champs électriques induits. Cette forme imagée pourrait être traduite par une allégorie, mais une rencontre électrique est bien au rendez-vous  car des poussières de pollen à peine perceptibles s’échappent selon des axes orientés pour recouvrir les poils des insectes, puis retombent et flottent un instant.

Ce moment musical, symphonie pastorale  créé par leur vol à peine perceptible, berce nos tympans, c’est une partition qui ne s’écrit  pas !

Je réalise l’existence d’un foisonnement d’interactions millénaires, animées par une énergie où les rayons du soleil sont le moteur de toutes ces sources de vie. L’ombre de la végétation ne trouble pas cette atmosphère, car la lumière s’infiltre dans tous  les recoins, arrosant avec beaucoup de précisions et d’attention la moindre surface involontairement éclairée ou retardée.

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