Mon univers est le bois, mais il m’arrive de m’éloigner de ces habitats pour explorer d’autres étendues moins hostiles .Je recherche les espaces dégagés mis en culture et je m’adapte très facilement aux modifications de mon environnement. 

Je suis un migrateur né, mais il m’arrive de me sédentariser. La vie n’est pas toujours facile, car l’autour des palombes est mon premier prédateur.

Mon plumage est d’un bleu clair grisé tout en nuances. Mon poitrail part du rose pale pour tirer sur le blanc lorsqu’on se rapproche de la queue. Celle-ci porte des barres noires à son extrémité, sur la face ventrale.

L'endroit me parait accessible, je vais tenter une approche !

 

C'est concluant,les points d'eau facilitent mon installation , je savoure ces instants , car ils améliorent mon quotidien !

Les fines gouttelettes jaillissant  du clapotis sont à l’image des bulles de savon qui naissent et s’évanouissent dans l’air. Un ballet ininterrompu, aux couleurs changeantes et étincelantes , irisé par les rayons du soleil qui semblent s’attarder et prolonger la féérie de l’instant

Je me pose dans un arbre avec un bruit de claquement, mes ailes robustes affrontent les petites branches feuillues sans ménagement. L’équilibre est parfois difficile à tenir, mais je m’agrippe, à l’atterrissage ma discrétion n’est pas mon fort.

Le calme revenu ,je circule lentement sur les branches pour aller me loger dans un coin plus sombre, Je me dissimule pour mieux me fondre dans cet univers, puis j’observe sans bruit mon environnement. Les minutes sont longues mais précieuses, le danger me guette, autant passer inaperçu le plus rapidement possible.

Instant de pause : Je suis immobile mais mes sens sont en éveil. Le moindre mouvement, le moindre son réveille mon alerte. Le calme précaire est rythmé  par des moments d’intense solitude. J’étire mon cou, mon plumage s’irise sous l’effet des rayons de soleil, filtrés par intermittence et mus par une légère brise.

Je roucoule pour saluer ma présence, ma signature vocale identifie mon territoire, c’est un appel courtisan.

 

Au sol , je me dandine, mon rythme est lent, je pèse chaque pas  , j’observe avec une méfiance de tous les instants .Certains me comparent à une poule avançant lentement tout en cherchant sa nourriture pour ses poussins, mes oisillons ne circulent pas, mais attendent sagement dans un nid de brindilles, construit sans ʺ patron ʺ.

D’ailleurs, il est remarquable : c’est un enchevêtrement de brindilles à l’allure , spartiate, pas de mousse, pas de duvet, pas de plume ,il semble accroché à une  fourche qui va recevoir 2 œufs. La nature fera le reste !

Mon cou est orné d’un collier blanc non fermé dont les bords virent au vert sombre et au pourpre.

La parade nuptiale est proche de celle des autres membres de la famille des Colombidés et se décompose en trois temps :

le mâle monte dans les airs lentement sur plusieurs dizaines de mètres,

il semble s'arrêter puis bascule en battant très rapidement des ailes.

Il plonge sur une dizaine de mètres les ailes ouvertes à l'horizontale et la queue bien étalée.

Vocalisations

Mon roucoulement est très sonore, de tonalité basse et guttural , émis du fond de la gorge et  légèrement rauque. Ma compagne possède des vocalisations plus douces et assez sporadiques.

Observations anecdotiques

Le jet continu de la cascade murmurait des notes musicales écrites pour une composition où le clapotis rythmait à sa façon les changements de tons !

Le jour était en train de tomber pour être remplacé par une douce soirée d’été. Comme d’habitude , en soirée , je coupe l’alimentation en eau du bassin, mais quelle initiative, le filet d’eau tant attendu par notre palombe avait jeté une forme d’incompréhension, un sentiment d’abandon que l’oiseau hébété n’avait toujours par réalisé. Responsable de cette déconvenue, je m’empressais de remettre en route l’alimentation , mais à mon passage , l’oiseau s’envola et se posa à quelques mètres de moi, gardant toujours une distance de sécurité, au cas où !

Je m’éloignais d’une vingtaine de pas pour la rassurer sur mes intentions pacifiques.

Elle attendit une bonne dizaines de minutes avant de se reposer au pied de cette mini cascade, dont le clapotis berçait nos oreilles.


Un regard ʺcompliceʺ nous signifiait que la remise en route avait établit un lien inconnu, indéfinissable, son attitude et ses mouvements ne semblaient trahir aucune retenue !

Spectacle inattendu !

C’était une matinée automnale, l’herbe semblait se réveiller au rythme des discrets  rayons de soleil distribuant par cycle leur douce lumière filtrée par des nuages indisciplinés mais pacifiques !

Quand soudainement, je vis arriver dans ma direction un couple de palombes, elles se déplaçaient en se dandinant, le décor était planté.

D’autres suivirent et se posèrent non loin du couple, je notais que leur présence était bien acceptée. Un groupe se forma rapidement pour se concentrer sur des graines arrivées à maturité et imperceptibles à nos yeux.

Je découvrais également un mixage de générations, car les oiseaux n’avaient pas la même taille. Parmi eux , des jeunes de l’année s’étaient joints à cette table aux allures de réception.

La nature dans son immense mansuétude avait élevé ces familles et augmenté les effectifs.

Le terrain semblait accueillant, mais les aléas seront  nombreux.  Il faudra affronter les prédateurs, renards et rapaces en quête de nourriture pour leur survie.

La chasse, est autorisée légalement sur le pigeon ramier migrateur , avec des dates d’ouverture et de fermeture, c’est la loi que je respecte !

Les fédérations de chasse effectuent chaque année des recensements pour évaluer l’évolution des effectifs hivernants de pigeons ramiers, elles seront comptées, je défends et encourage ces démarches, mon espoir perdure !

Un pigeon ramier a sélectionné son arbre, un pin touffu et résistant ,prêt à recevoir les premiers travaux de nidification.

Les navettes chargées d'approvisionner les matériaux ont commencé mi avril 2022.Les charges emportées sont pour la plupart des brindilles sèches aux dimensions très différentes.Elles sont déposées dans un ordre "décousu " mais c'est leur instinct qui guide cette façon de construire.

La femelle est installée, elle récupère les brindilles et les assemblent une à une pour édifier et  modeler la structure. Elle enfonce avec son bec les brindilles les plus fines telle une couturière reprisant la trame d’un tissu usé par le temps, les contours semblent se dessiner .

 

Août 2022, l'érable est également recherché et un autre couple de palombes a décidé d'établir son nid.

L’emplacement est choisi, ce sera au faîte de l’arbre érable aux multiples branches noyées dans un épais feuillage. Les brindilles sont acheminées une à une et assemblées avec adresse. Effectivement les longueurs disparates sont glissées sous le poitrail de la femelle. Elle tisse l’ensemble avec son bec, le mâle étant chargé d’approvisionner les matériaux. Son envol soudain et puissant lui permet de s’affranchir de la gravitation et en quelques secondes , il pénètre dans l’arbre dans un bruit semblable à un coup de vent venant troubler le balancement insouciant des feuilles bilobées  pour se diriger vers l’ouvrage en cours de construction. La densité augmente ,le nid prend une tournure plus conventionnelle et la femelle disparait ,seuls les mouvements de son bec sont encore perceptibles.

C'est la période de couvaison, mais il faut veiller, les pies et le geai attendent discrètement pour piller .

Les œufs ont éclos, la vie continue avec ses vicissitudes !

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